Le Conseil École‑Collège (CEC) est une commission obligatoire instaurée par décret en 2013. Il réunit autour du principal du collège : les directeur·trices des écoles du secteur, des PE et des profs du collège. Il se réunit au moins deux fois par an et définit un programme d’actions de liaison cycle 3 – 6ᵉ.
Cette activité EMI peut être présentée au CEC comme projet commun de liaison, et non comme une séance isolée de chaque côté. Trois temps clés de collaboration enseignants ↔ enseignants et CM2 ↔ 6ᵉ sont proposés ci‑dessous.
Les enseignant·es du primaire et du collège se rencontrent et co‑construisent le projet commun. Plus c’est posé tôt dans l’année, mieux ça se déroule.
Plutôt que de juste « voir » le collège, les CM2 sont accueillis par des 6ᵉ qui prennent la posture d’enseignants. Concrètement :
Effet tuteur : consolider les apprentissages en les transmettant. Les notions vagues deviennent solides quand il faut les expliquer à un plus jeune. Posture d’expert valorisante, surtout pour des élèves de 6ᵉ encore fragiles.
Modèle accessible : apprendre d’un « presque pair », pas d’un adulte distant. Démystification du collège (les 6ᵉ ne sont pas des inconnus en blouse). Consolidation des 5 gestes CLEMI au moment où ils s’apprêtent à entrer au collège.
Matériel : imprimer deux articles du fil (un fake + un vrai, fournis dans le PDF élève).
Déroulé : 10 min de lecture individuelle, 25 min en binômes : au surligneur jaune, les faits vérifiables (chiffres, noms propres, dates, lieux) ; au rose, les marqueurs subjectifs (adverbes, adjectifs évaluatifs, modalisateurs comme « aurait », « selon une source »). 20 min de mise en commun : que reste‑t‑il quand on enlève le subjectif ?
Projet : rédiger un journal de classe trimestriel sur l’ENT du collège, avec une rubrique permanente « On a vérifié pour vous ».
Outils : Madmagz ou Canva for Education (gratuit pour les enseignants) pour la maquette ; Pix en parallèle pour valider les compétences numériques.
Co‑intervention avec le professeur documentaliste au CDI. Inscription possible à la Semaine de la presse et des médias dans l’École (CLEMI, fin mars), qui ouvre l’accès gratuit à de nombreux titres de presse.
Activité débranchée « détecteur de fake » : sur papier, les élèves rédigent en pseudo‑code un algorithme à 4 questions « si… alors » :
1. Le titre est‑il en majuscules ou très émotionnel ? 2. La source est‑elle nommée ? 3. La date est‑elle précise ? 4. D’autres médias en parlent‑ils ?
Déroulement : ils font tourner l’algorithme à la main sur les 6 articles du fil (donnés en photocopie ou via la version en ligne). On compare les résultats, on discute des cas ambigus. Conclusion : une IA, c’est exactement le même principe, en plus complexe.
Programmation en Scratch : chaque groupe code un mini‑chatbot qui pose les questions de l’algorithme et donne un verdict.
Découverte concrète d’une IA : séance avec Teachable Machine de Google (teachablemachine.withgoogle.com, gratuit, dans le navigateur, sans compte). Les élèves entraînent un modèle à reconnaître des objets via la webcam — ils voient en direct que l’IA « apprend » à partir des images qu’ils lui montrent. Bilan : l’IA générative qui crée les fakes du fil fonctionne sur le même principe, à beaucoup plus grande échelle.
Support : trois titres traitant du même fait (par exemple le Pape Balenciaga ou un événement local), un en français (Le Monde / Tahiti Infos), deux en anglais (BBC News, AP News).
Déroulé : compréhension écrite par binômes (15 min), construction d’un mini‑lexique journalistique au tableau : fake, hoax, fact‑check, source, headline, misleading, debunk, claim. Restitution orale : chaque binôme reformule en anglais ce que dit chaque titre.
Inspiré du dispositif de l’académie de Clermont‑Ferrand (L’infaux du vrai, en ligne).
Production : chaque binôme traque une intox réelle, croise au moins trois sources (deux EN, une FR), puis tourne une vidéo de fact‑check de 1 min en anglais.
Outils : BBC Reality Check, AP Fact Check, Snopes pour les sources ; iMovie ou Adobe Express pour le montage. Diffusion finale sur l’ENT du collège.
Support clé en main : l’épisode « Fake news, comment lutter contre les fausses informations ? » de la série Décod’actu sur Lumni (4 min, gratuit).
Déroulé : visionnage commenté, puis étude d’une intox historique célèbre : la diffusion radio d’Orson Welles en 1938 (« La Guerre des Mondes ») ou une caricature de propagande de la Première Guerre mondiale (Gallica BnF, ressources libres). Comparaison directe avec les fakes du fil : qu’est‑ce qui change ? Qu’est‑ce qui ne change pas ?
Production : une frise chronologique géante des grandes intox, de l’Antiquité aux deepfakes IA. Travail en groupes (4‑5 élèves par intox), recherches encadrées au CDI.
Outils : TimelineJS (Northwestern University, gratuit, frise interactive en ligne) ou Frisechronos.fr.
Aboutissement : exposition dans le hall du collège lors de la Semaine de la presse et des médias dans l’École (CLEMI, fin mars), avec QR codes vers la frise numérique.