Guide enseignant — version 1.0
Manuel pratique pour lancer et conduire Natictée dans une classe de cycle 2 ou de cycle 3, en Polynésie française. Dispositif inspiré de Twictée, adapté au contexte polynésien, conforme RGPD, opéré sur l’ENT édifice/One.
Natictée est un dispositif d’apprentissage de l’orthographe par dictée négociée entre deux classes miroirs. Le principe est simple : deux classes du même cycle, situées dans deux écoles différentes (souvent dans deux îles différentes), travaillent en parallèle sur la même phrase. Chacune produit sa dictée, l’analyse, puis envoie à l’autre des cartes-règles courtes — les twoutils — qui expliquent pourquoi tel mot s’écrit ainsi. Au fil de la campagne, les élèves deviennent à la fois apprenants et auteurs d’une règle : ils ne reçoivent pas une leçon, ils en formulent une, pour quelqu’un de réel, dans une autre école.
Le nom Natictée contracte nati (en reo tahiti : « lien », « attache ») et tictée (de Twictée, dictée numérique). Il dit l’essentiel : une dictée qui relie. Le dispositif est porté par le PAPN, sous le pilotage de Grégory Biret, ERUN, pour un lancement à la rentrée d’août 2026, et un déploiement progressif sur l’ensemble des circonscriptions du premier degré polynésien.
Natictée s’inspire directement du dispositif Twictée, conçu en 2013 par Régis Forgione, Fabien Hobart et l’équipe Twictée, et porté en métropole par une association loi 1901 adossée à un comité scientifique en didactique de l’orthographe. Twictée est un dispositif opensource : nous le réutilisons librement, dans le respect de son intention pédagogique et avec un crédit moral explicite à ses concepteurs. Trois éléments de Twictée sont repris dans Natictée, parce qu’ils ont fait leurs preuves : le cycle de la dictée négociée, la structure du twoutil canonique en quatre éléments, et le balisage des erreurs par les codes Dicobalise officiels. Ces codes ne sont pas imposés tous en même temps : ils sont introduits progressivement et de façon inductive, un par temps fort, puis enrichis au fil de l’année. Quatre codes sont mis à l’honneur, dans cet ordre : #AccordGN (accord dans le groupe nominal) au rodage ; #Conjugaison (accord du verbe avec son sujet — le fil rouge de l’année) à la campagne 1 ; #FormeVerbale (confusion infinitif « -er » / participe passé « -é ») à la campagne 2 ; #ClasseGram (classes grammaticales d’homophones) à la campagne 3. Les huit autres codes restent disponibles « pour aller plus loin ».
Le Dicobalise compte douze codes officiels : #Majuscule, #Ponctuation, #Segmentation, #GraphieSon, #ClasseGram, #AccordGN, #FamilleDeMots, #Étymo, #Conjugaison, #FormeVerbale, #AccordPP, #AccordAttrS. Natictée met quatre de ces codes à l’honneur, un par temps fort ; les huit autres restent disponibles pour les enseignants qui souhaitent affiner leur catégorisation, sans surcharger les élèves au démarrage.
Trois éléments, en revanche, sont propres à Natictée. Le canal de communication d’abord : là où Twictée utilise Mastodon, Natictée utilise l’ENT édifice/One, hébergé en France, géré par la DGEE, conforme RGPD. La banque de phrases ensuite : elle est construite à partir de prénoms, de lieux et de situations polynésiennes, plutôt que de la matière hexagonale d’origine. Le calendrier saisonnier enfin : il suit la rentrée d’août, les vacances locales et les contraintes géographiques entre archipels.
Natictée s’ancre dans la Charte de l’éducation polynésienne. Tous les supports utilisent des prénoms polynésiens fictifs (Honoea, Teiva, Heimana, Vairea, Marama, Manutea, Tehani, Moana, Tearii), des lieux familiers aux élèves (Papeete, Faaa, Moorea, Rangiroa, Nuku Hiva, Rurutu), et des thématiques contextualisées : va’a, rahui, marae, ‘umu, atoll, lagon, cocoteraie. Le dispositif relie l’ensemble des cinq archipels et donne à chaque classe l’occasion d’écrire à une classe située dans une île qu’elle ne connaît pas. Pour de nombreux élèves des Tuamotu, des Marquises ou des Australes, cette correspondance avec une classe de Tahiti ou de Moorea — et inversement — sera la première expérience concrète d’un échange écrit entre archipels.
Natictée a été conçu d’emblée comme un dispositif souverain. Aucune donnée d’élève ne transite par un service tiers non maîtrisé. Tous les échanges entre classes miroirs passent par l’ENT édifice/One, dont les serveurs sont localisés en France et qui dispose d’une base légale claire pour le traitement des données scolaires. Les fichiers volumineux passent par FileSender Apps Éducation. Les productions partagées entre classes sont systématiquement pseudonymisées : aucune dictée d’élève ne quitte sa classe sous le nom de son auteur. Cette discipline de souveraineté n’est pas un détail : elle est la condition d’un dispositif déployable à grande échelle dans l’institution scolaire polynésienne.
Trois familles de bénéfices sont attendues. Du côté de l’orthographe, Natictée vise une amélioration mesurable des compétences en accord, conjugaison, lexique et homophones, en s’appuyant sur la catégorisation explicite des erreurs et sur la métacognition. Du côté des compétences psychosociales, le dispositif développe la coopération en petit groupe lors de la dictée négociée, l’esprit critique lors de la correction collective, et la cybercourtoisie lors des échanges avec la classe miroir. Du côté de l’ouverture culturelle enfin, la campagne crée un lien réel entre deux classes situées dans deux contextes polynésiens différents, et donne à chacune l’occasion d’écrire à des élèves qu’elle ne rencontrera peut-être jamais en personne, mais qu’elle apprendra à connaître par leurs productions.
Natictée n’est pas une plateforme à apprendre. C’est une méthode pédagogique, opérée avec des outils que la classe utilise déjà : l’ENT, le cahier, l’affichage mural. Vous gardez la main sur la séance ; le PAPN coordonne l’appariement des classes et met à disposition la banque de phrases, les modèles et l’accompagnement.
Une campagne Natictée s’étend sur deux semaines de travail effectif en classe, étalées sur deux à trois semaines calendaires pour absorber les contraintes d’emploi du temps. Le rythme est volontairement lent : la dictée négociée, la correction collective et la production des twoutils ont besoin de temps pour produire leurs effets. Compresser le cycle, c’est en perdre la valeur ajoutée.
La séquence de référence compte neuf étapes, détaillées ci-dessous jour par jour. Pour le pilotage de la classe, le chapitre 3 les regroupe en cinq phases (préparation ; dictée individuelle et négociée ; analyse des dictées reçues ; correction collective et production des twoutils ; remédiation et twictée transfert), et le chapitre 4 fournit une fiche par phase. Les deux niveaux de lecture décrivent le même cycle : le jour par jour pour le détail, les cinq phases pour la vue d’ensemble.
| Jour | Étape | Lieu | Durée | Livrable |
|---|---|---|---|---|
| J−7 | Préparation enseignant | Hors classe | 30 min | Phrase choisie, plan de séance |
| J−5 | Prise de contact entre classes miroirs | ENT | 20 min en classe | Message de courtoisie |
| J0 | Dictée individuelle | Classe | 20 min | Dictée individuelle de chaque élève |
| J+1 | Dictée négociée en petit groupe | Classe | 30 min | Quatre à six dictées de groupe |
| J+2 | Envoi des dictées de groupe à la classe miroir | ENT | 15 min | Dépôt pseudonymisé sur l’espace partagé |
| J+3 | Préparation enseignant : analyse des dictées reçues | Hors classe | 45 min | Sélection des erreurs à twoutiller |
| J+4 | Correction collective d’une dictée témoin | Classe | 30 min | Trace écrite, affiche |
| J+5 | Production des twoutils par les élèves | Classe | 30 min | Twoutils individuels ou en binôme |
| J+6 | Envoi des twoutils à la classe miroir | ENT | 15 min | Dépôt sur l’espace partagé |
| J+8 | Réception des twoutils de la classe miroir et remédiation | Classe | 30 min | Lecture, classement, affichage |
| J+10 | Twictée transfert et bilan individuel | Classe | 30 min | Phrase de réinvestissement, tableau de progrès |
Le calendrier ci-dessus est indicatif. Chaque binôme de classes peut le décaler d’un ou deux jours selon ses contraintes, à condition que les deux enseignants s’en accordent dès le début de la campagne. La règle d’or est simple : une fois fixé en début de campagne, le calendrier ne bouge plus.
Vous choisissez la phrase à dicter dans la banque Natictée, en cohérence avec la balise mise à l’honneur pour cette campagne. Vous identifiez dans le calendrier les créneaux des séances en classe et les caler dans votre emploi du temps. Vous préparez le matériel : affiche des codes Dicobalise au mur, porte-clés des balises, cahier de Natictée des élèves. Vous prévenez la direction de la campagne en cours et notez la date d’envoi à la classe miroir.
Les deux enseignants ont déjà échangé en amont. Côté classe, vous présentez aux élèves la classe miroir : son école, son île, son niveau, le pseudonyme qu’elle a choisi (par exemple CM1-Tiare). Vous écrivez ensemble un court message de courtoisie : « Bonjour la classe CM1-Tiare, nous sommes la classe CE2-Moana, nous habitons à Rangiroa, nous serons votre classe miroir pour la campagne du mois. Bon courage à vous, à très vite ! » Ce message est envoyé sur l’espace de groupe Natictée de l’ENT. Cette étape, en apparence anecdotique, est en réalité décisive : elle installe un destinataire réel.
Vous dictez la phrase aux élèves en classe entière, dans les conditions habituelles d’une dictée. Chaque élève produit sa version individuelle sur son cahier de Natictée. Vous lisez deux fois la phrase à voix normale, puis une troisième fois lentement pour relecture. Aucun outil n’est mobilisé à cette étape : dictionnaire fermé, leçons rangées, affichages masqués. Vous récupérez les cahiers à la fin de la séance pour vous en imprégner avant le lendemain.
Cœur pédagogique du dispositif. Vous constituez quatre à six groupes de trois à quatre élèves, hétérogènes en niveau. Chaque groupe reçoit la phrase initiale (au tableau ou sur une fiche) et produit une dictée de groupe : une seule version, écrite à plusieurs, négociée à l’oral. Cette fois, les outils sont permis : leçons, dictionnaires, répertoires, affiche des codes Dicobalise. Les élèves confrontent leurs hypothèses, justifient leurs choix, tranchent. Vous circulez, vous écoutez, vous laissez le désaccord exister. Vous n’apportez pas la réponse : vous renvoyez vers les outils. À la fin de la séance, vous récoltez les quatre à six dictées de groupe.
Vous saisissez les dictées de groupe (proprement, à la machine ou à la main scannées) et vous les déposez sur l’espace partagé Natictée avec la classe miroir, en remplaçant chaque nom d’élève par le pseudonyme du groupe (par exemple Groupe 1 — CE2-Moana). Vous prévenez l’enseignant partenaire que le dépôt est fait. Vous récupérez en retour les dictées de groupe de la classe miroir, vous les imprimez si besoin.
Étape la plus exigeante du cycle. Vous lisez les quatre à six dictées de groupe reçues de la classe miroir, vous repérez les erreurs, vous les classez par balise, et vous sélectionnez celles qui valent la peine d’être twoutillées. Toutes les erreurs ne sont pas intéressantes : certaines sont trop spécifiques, d’autres relèvent d’une notion non encore travaillée. Vous répartissez les erreurs sélectionnées entre les groupes d’élèves de votre classe en fonction de leur niveau : les codes les plus exigeants (#AccordPP accord du participe passé, #Conjugaison accord sujet-verbe avec sujet éloigné) aux élèves les plus avancés, les codes plus accessibles aux autres. Comptez 45 minutes à 1 heure pour ce travail.
Livrer brutes aux élèves les dictées reçues de la classe miroir est périlleux. Sans tri préalable, la séance de production des twoutils part dans toutes les directions et perd son efficacité pédagogique. Cette demi-heure de préparation à la maison, la veille, est la condition d’une bonne séance le lendemain. Si vous n’avez pas le temps, mieux vaut sélectionner deux erreurs très claires et faire une séance courte de qualité, plutôt que de tout couvrir.
Étape pivot, sans usage de l’ENT. En classe entière, vous écrivez au tableau une des dictées de groupe (celle de votre propre classe, choisie pour la richesse de ses erreurs significatives). Les élèves, guidés par votre questionnement, repèrent chaque erreur, la catégorisent à l’aide d’une code Dicobalise, font référence à la leçon correspondante, et formulent oralement le twoutil canonique. Vous produisez une trace écrite collective (affiche de classe, cahier des règles, ardoise photo) qui servira de modèle pour la séance suivante.
Chaque élève (ou chaque binôme en différenciation) reçoit une erreur à twoutiller, prise dans les dictées reçues de la classe miroir et préalablement sélectionnée par vous à J+3. L’élève rédige son twoutil en respectant la structure canonique en quatre éléments (voir section 5). Vous circulez, vous validez ou faites reformuler. À la fin de la séance, vous récoltez les twoutils, vous les relisez le soir, vous corrigez les coquilles qui resteraient.
Vous saisissez les twoutils validés (ou vous les scannez) et vous les déposez sur l’espace partagé Natictée. Vous accompagnez le dépôt d’un court message : « Voici nos twoutils ! Bon courage à vous pour les vôtres ».
Vous récupérez les twoutils produits par la classe miroir à partir des erreurs faites par votre propre classe. Vous les lisez en classe entière, vous les commentez, vous les classez par balise, et vous affichez les plus marquants au mur. Les élèves perçoivent que ces twoutils leur sont adressés personnellement : c’est un moment fort.
Étape interne à la classe. Vous proposez à chaque élève une nouvelle phrase mobilisant la même thématique et la même balise à l’honneur que la dictée initiale. Chaque élève écrit cette phrase de transfert. Vous comparez ensuite sa production avec sa dictée individuelle initiale (J0) : il complète un tableau de progrès, en analyse quantitative (combien d’erreurs en moins ?) et qualitative (de quelle nature étaient ces erreurs, en avons-nous corrigé certaines ?). La campagne est close.
Le tableau ci-dessous récapitule, pour chaque étape, ce qui se déroule en interne dans votre classe et ce qui se joue dans l’échange avec la classe miroir. Garder cette distinction en tête aide à organiser la campagne : en interne, vous êtes maître du temps ; dans l’échange, vous dépendez du rythme de l’autre.
| Étape | Dans ma classe | Avec la classe miroir (ENT) |
|---|---|---|
| Préparation | Choix de la phrase, plan de séance, matériel | Accord sur le calendrier |
| Courtoisie | Présentation de la classe miroir aux élèves | Message public de salutation |
| Dictée individuelle | Production individuelle, classique | — |
| Dictée négociée | Production en petit groupe, négociation orale | — |
| Envoi dictées | — | Dépôt pseudonymisé et récupération |
| Préparation enseignant | Analyse, tri, répartition | — |
| Correction collective | Au tableau, en classe entière | — |
| Production twoutils | Individuel ou binôme, écrit | — |
| Envoi twoutils | — | Dépôt et récupération |
| Réception twoutils miroir | Lecture, classement, affichage | — |
| Twictée transfert | Phrase de réinvestissement individuelle, bilan | — |
Le dispositif Natictée installe les élèves en posture d’auteurs de la règle, mais cette posture ne se déploie que si vous avez préparé le terrain. Votre rôle change selon les phases : vous êtes tour à tour préparateur en amont, animateur en classe, observateur silencieux pendant la négociation, et garant institutionnel de l’échange avec la classe miroir. Ce chapitre détaille ce que vous préparez, animez, surveillez et validez à chacune des cinq phases du cycle.
Vous choisissez la phrase dans la banque Natictée en fonction de la balise à l’honneur et du niveau de la classe. Vous lisez attentivement la phrase à voix haute pour vérifier qu’elle se prête bien à la dictée orale (longueur, prosodie, ambiguïtés acoustiques). Vous prévenez l’enseignant partenaire que vous lancez la campagne. Vous calez les créneaux dans votre emploi du temps. Vous vérifiez que les outils visibles de la classe sont à jour : affiche des codes Dicobalise, porte-clés des balises, cahier de Natictée. Vous prévenez les familles si c’est le première campagne de l’année (voir section 7).
En dictée individuelle, vous reproduisez les conditions d’une dictée classique : voix posée, deux lectures complètes, une lecture lente pour relecture, aucun outil. Vous résistez à la tentation de simplifier votre prosodie pour aider : vous dictez naturellement, l’élève fait avec.
En dictée négociée, vous changez radicalement de posture. Vous êtes en observation. Vous circulez sans intervenir, vous écoutez les débats. Si un groupe est bloqué, vous renvoyez vers les outils : « Vous avez quel doute ? Quelle code Dicobalise pourrait vous aider ? » Vous ne donnez pas la réponse. Vous laissez exister le désaccord, parce que c’est dans le désaccord que la métacognition se construit. Vous notez, mentalement ou sur un carnet, les négociations les plus riches : elles vous serviront en correction collective.
Phase invisible aux élèves mais déterminante. Vous lisez les quatre à six dictées de groupe reçues de la classe miroir. Vous repérez toutes les erreurs, vous les regroupez par balise, vous évaluez leur intérêt pédagogique : une erreur typique, qui mobilise une notion travaillée et donne lieu à une règle claire, est intéressante ; une erreur d’étourderie ou portant sur une notion non encore vue est à écarter. Vous sélectionnez en général trois à cinq erreurs par campagne, vous les attribuez aux élèves ou binômes de votre classe en fonction de leur niveau. Vous préparez un petit document pour vous-même (papier, traitement de texte) qui liste les erreurs sélectionnées, la balise correspondante, l’élève ou binôme qui la traitera.
En correction collective, vous animez au tableau. Votre posture est exigeante mais bienveillante. Vous suivez un schéma identique reproduit à chaque erreur : repérage, catégorisation par balise, référence à la leçon, justification, formulation orale du twoutil. Les premières séances de l’année doivent être très cadrées ; à mesure que les élèves intériorisent le schéma, vous vous retirez progressivement.
En production de twoutils, vous redevenez observateur. Vous circulez, vous validez les twoutils corrects, vous renvoyez les autres à reformulation en pointant l’élément manquant (souvent la justification, parfois la balise). Vous corrigez les coquilles éventuelles le soir avant le dépôt à J+6.
Au retour des twoutils de la classe miroir, vous animez une séance de lecture commentée. Vous tirez parti des twoutils reçus pour faire émerger les règles encore fragiles dans votre classe. Vous affichez au mur les twoutils marquants — ils deviendront des références visuelles pour les campagnes suivantes.
En transfert, vous proposez une phrase nouvelle mobilisant la même thématique et la même balise. Vous accompagnez chaque élève dans la comparaison avec sa dictée initiale, et vous l’aidez à formuler ce qu’il a appris. Cette verbalisation des progrès est le moment où l’élève réalise qu’il a effectivement appris quelque chose : vous ne la sautez jamais.
| Phase | Activité élève | Activité enseignant | Durée | Outils |
|---|---|---|---|---|
| Préparation | — | Choix de la phrase, plan, contact partenaire | 30 min hors classe | Banque, calendrier, ENT |
| Dictée | Production individuelle puis en groupe | Dictée orale puis observation silencieuse | 20+30 min | Cahier, outils de classe |
| Analyse | — | Lecture, tri, répartition des erreurs | 45 min hors classe | Dictées reçues, codes Dicobalise |
| Twoutil | Correction collective puis production écrite | Animation au tableau puis validation | 30+30 min | Tableau, affiche des codes Dicobalise |
| Remédiation | Lecture, classement, phrase de transfert | Animation, accompagnement individuel | 30+30 min | Twoutils reçus, tableau de progrès |
Ce chapitre propose une fiche par phase du cycle, soit cinq séances modèles à adapter à votre classe. Le format est volontairement bref : il s’agit de fiches praticables, à imprimer ou à garder à l’écran pendant la séance. Les encarts Cycle 2 et Cycle 3 précisent les différenciations selon le niveau de la classe.
Matériel : cahier de Natictée des élèves, la phrase à dicter (préparée par vous, conservée discrètement).
Déroulé :
Points de vigilance : aucun outil disponible (dictionnaire fermé, leçons retournées). Vous ne corrigez pas la prononciation pour aider. Si un élève demande de l’aide, vous renvoyez à la dictée négociée du lendemain.
Phrase plus courte (15 mots maximum), structure syntaxique simple (sujet–verbe–complément). Préférez les codes de base : #Ponctuation, #Majuscule, #GraphieSon (orthographe lexicale), #AccordGN (accords du groupe nominal). Pensez à projeter une ligne d’aide pour la mise en page (date, prénom, ligne d’écriture).
Phrase plus longue (20 à 30 mots), structure pouvant intégrer subordonnée ou complément circonstanciel. Codes plus exigeants acceptés : #Conjugaison (accord sujet-verbe avec sujet éloigné), #FormeVerbale et #AccordPP (formes verbales, participe passé), #ClasseGram (homophones grammaticaux). Au CM2, la phrase peut intégrer une difficulté lexicale relevant de #GraphieSon (mot du contexte polynésien à orthographier).
Matériel : la phrase initiale (au tableau ou sur fiche), une feuille A4 par groupe, leçons et dictionnaires à disposition, affiche des codes Dicobalise au mur.
Déroulé :
Points de vigilance : ne pas donner la réponse. Renvoyer aux outils. Composer les groupes en amont (mélange de niveaux). Limiter à 4 élèves maximum par groupe pour que chacun s’engage.
Groupes de 3 plutôt que 4. Outils restreints : répertoire de mots, leçon en cours, affiche des codes Dicobalise. Pas de dictionnaire (trop chronophage). Vous pouvez relire la phrase à voix haute si un groupe le demande.
Groupes de 4 possibles. Outils complets : dictionnaire, Bescherelle, leçons, répertoire. Encouragez un secrétaire tournant. Vous pouvez introduire un porte-parole qui justifiera au tableau les choix les plus délicats lors de la correction collective.
Matériel : au tableau, une dictée de groupe de votre classe (préparée la veille), affiche des codes Dicobalise, cahier de leçons des élèves, affiche du twoutil canonique.
Déroulé :
Points de vigilance : ne pas aller trop vite. Apprendre à raisonner prend du temps. Limiter à 4 ou 5 erreurs traitées en profondeur plutôt que dix en surface. Respecter la production du groupe : ne pas humilier l’élève qui a fait l’erreur.
Réduire à 3 erreurs traitées. Schéma renforcé : pictogramme de la balise à colorier, leçon ouverte sur le bureau, twoutil dicté à l’adulte qui l’écrit au tableau.
Jusqu’à 5 erreurs traitées si le temps le permet. Vous pouvez demander à un élève de venir au tableau pour animer l’analyse d’une erreur sous votre tutelle. En CM2, possibilité d’introduire une erreur « piège » relevant d’une balise non encore officialisée pour la campagne, à titre exploratoire.
Matériel : erreurs sélectionnées par vous à J+3, distribuées aux élèves ou binômes ; cahier de Natictée, affiche du twoutil canonique, affiche des codes Dicobalise, gabarit imprimable du twoutil (voir section 5).
Déroulé :
Points de vigilance : exiger les 4 éléments du gabarit canonique. Le plus souvent oublié : la justification claire. Faire reformuler si un élément manque.
Production en binôme plutôt qu’individuelle. Twoutil dicté à l’adulte si nécessaire, l’élève le recopie ensuite. Une seule balise par campagne (la balise à l’honneur), pas de différenciation par balise.
Production individuelle. Différenciation possible : les codes plus exigeants (#AccordPP accord du participe passé, #Conjugaison accord sujet-verbe avec sujet éloigné) aux élèves les plus avancés. En CM2, exiger une justification précise, faisant référence à la leçon par son intitulé.
Matériel : twoutils reçus de la classe miroir imprimés ou projetés ; dictées individuelles initiales J0 des élèves ; tableau de progrès individuel.
Déroulé J+8 — remédiation (30 min) :
Déroulé J+10 — twictée transfert (30 min) :
Points de vigilance : ne pas sauter le tableau de progrès. C’est lui qui rend visible le progrès et installe la conviction de pouvoir progresser.
Le twoutil est l’objet central du dispositif. C’est une petite leçon d’orthographe écrite par un élève à l’attention d’un autre élève d’une classe miroir, dans un format court et fortement structuré. La concision n’est pas un caprice : elle oblige à l’explicitation rigoureuse de la règle. La consigne donnée aux élèves est simple : court et clair, pas de décompte de caractères à respecter.
Un twoutil canonique comporte exactement quatre éléments, agencés dans une formule-type. L’absence d’un de ces quatre éléments fait sortir le twoutil du gabarit canonique.
#AccordGN (accord dans le groupe nominal), #Conjugaison (accord du verbe avec son sujet), #FormeVerbale (infinitif « -er » / participe passé « -é ») et #ClasseGram (homophones grammaticaux) ; huit autres codes restent disponibles pour aller plus loin. Cette catégorisation explicite ancre l’apprentissage dans une typologie partagée par toutes les classes Natictée.La formule-type d’un twoutil canonique est :
À [classe destinataire] : MOT s’écrit CORRECTION car [justification]. Balise [#Code]
À la classe CE2-Tiare : PIROGUES s’écrit PIROGUES car c’est un nom commun au pluriel, accompagné de l’article « les » qui indique le pluriel. On ajoute un « s » à la fin. Balise #AccordGN
À la classe CM1-Moana : RAMASSENT s’écrit RAMASSENT car c’est le verbe « ramasser » conjugué au présent avec le sujet « les enfants », qui est à la 3e personne du pluriel. La terminaison est « -ent ». Balise #Conjugaison
À la classe CM1-Corail : DANSÉ s’écrit DANSÉ car c’est le participe passé du verbe « danser » employé avec l’auxiliaire « avoir ». On peut le remplacer par « vendu » pour vérifier : « Honoea a vendu » fonctionne, donc on écrit « -é », pas « -er ». Balise #FormeVerbale
Vous pouvez photocopier le gabarit ci-dessous pour vos élèves. Il reprend la structure en quatre éléments, ligne par ligne, et laisse à l’élève le soin de remplir.
Encouragez vos élèves à relire leur twoutil à voix haute avant de le valider. Un twoutil qui « sonne juste » à l’oreille est souvent un twoutil clair. Si l’élève bute en lisant, c’est que la justification mérite d’être reformulée. La concision est une compétence : court et clair, l’élève apprend à choisir ses mots.
La banque Natictée rassemble une centaine de phrases courtes, contextualisées Polynésie française, classées par niveau et par notion orthographique ciblée. Cet extrait propose à titre illustratif cinq à huit phrases par niveau, pour que vous perceviez immédiatement l’esprit : prénoms polynésiens fictifs, lieux des archipels, situations familières, longueur calibrée pour le niveau. La banque complète (cent vingt phrases) est livrée dans les fichiers compagnons banque_phrases_PF.json et banque_phrases_PF.md du même dossier livrables/, et sera mise à disposition des classes inscrites dans l’espace enseignants Natictée de l’ENT édifice/One (application Cahier multimédia) à la rentrée 2026.
| Phrase | Notion ciblée |
|---|---|
| Marama joue avec son frère sur la plage. | Majuscule au nom propre |
| Les vagues sont grandes ce matin. | Accord du nom et de l’adjectif au pluriel |
| Honoea cueille une fleur de tiare. | Singulier et pluriel, lexique culturel |
| Le chien court derrière le poulet. | Verbe au présent, 3e personne du singulier |
| Les enfants chantent autour du feu. | Accord verbe et sujet au pluriel |
| Vairea aime les mangues bien mûres. | Accord nom et adjectif au féminin pluriel |
| Phrase | Notion ciblée |
|---|---|
| Les pirogues glissent doucement sur le lagon de Bora Bora. | Accord en nombre dans le groupe nominal |
| Teiva range ses coquillages dans une petite boîte en bois. | Accord nom et adjectif au singulier |
| Le maître raconte une histoire des temps anciens. | Accord du verbe au présent, 3e personne |
| Heimana et son cousin pêchent ensemble près du récif. | Sujet pluriel, accord du verbe |
| Au marché de Papeete, les fruits sentent bon. | Ponctuation, accord verbe et sujet |
| La vahine porte une couronne de fleurs blanches. | Accord en genre et en nombre |
| Les vagues fortes effraient les jeunes baigneurs. | Accord multiple dans la phrase |
| Phrase | Notion ciblée |
|---|---|
| Les enfants de la classe ont ramassé les coquillages oubliés sur la plage de Tautira. | Accord du participe passé avec « avoir » |
| Manutea a dansé toute la nuit pendant le Heiva i Tahiti. | Distinction infinitif et participe passé |
| Sur l’atoll, le vent soufflait fort et les cocotiers se balançaient. | Imparfait, accords multiples |
| Tehani et Marama préparent un ‘umu pour la fête du village. | Sujet composé, accord du verbe |
| Le rahui interdit la pêche dans cette partie du lagon pendant six mois. | Lexique culturel, accord nom et adjectif |
| Les pêcheurs rentrent au port avant que la pluie ne tombe. | Conjugaison, subordonnée |
| Pendant les vacances, nous irons rendre visite à nos cousins de Rangiroa. | Futur simple, accord nom-pronom |
| Phrase | Notion ciblée |
|---|---|
| Les chants polynésiens que nous avons appris résonnaient dans tout le village de Hatiheu. | Accord du participe passé avec COD antéposé |
| Si la mer est calme demain matin, Tearii embarquera sur la pirogue de son grand-père. | Hypothèse, futur simple, conjugaison |
| Les fruits que la maîtresse a apportés sentaient bon le coco et la vanille de Tahaa. | Accord du participe passé, accord nom-adjectif |
| Vairea est partie tôt pour aider sa mère à préparer le repas du dimanche. | Participe passé avec « être », infinitif après préposition |
| Quoique fatiguée par la longue marche jusqu’au marae, Tehani souriait encore. | Concession, accord du participe passé, ponctuation |
| Les anciens racontent que les étoiles guidaient autrefois les navigateurs vers les îles inconnues. | Imparfait, subordonnée complétive |
| L’étymologie du mot « cocoteraie » éclaire la formation de bien des noms d’espèces végétales. | Famille de mots, étymologie |
Choisissez la phrase en fonction de la balise à l’honneur de la campagne (annoncée dans le calendrier annuel) et du niveau de votre classe. Vérifiez que la phrase mobilise effectivement la notion ciblée, mais aussi qu’elle reste accessible à l’oral (longueur, vocabulaire). Si une phrase de la banque vous semble inadaptée, vous pouvez en proposer une nouvelle : une application Formulaire de l’ENT édifice/One sera ouverte à cet effet.
L’implication des familles n’est pas un facteur secondaire : elle conditionne la réussite du dispositif. Un parent qui comprend ce qu’est Natictée valorise le travail à la maison, encourage l’enfant, et accepte plus volontiers les contraintes de calendrier. Un parent qui ne comprend pas s’inquiète, parfois s’oppose. Une communication claire en début d’année, doublée d’un mot avant chaque campagne, suffit à installer la confiance.
Le modèle ci-dessous est à recopier dans le cahier de liaison, ou à imprimer sur papier à en-tête de l’école et à coller dans le cahier. Il est rédigé en début d’année, avant le première campagne. Personnalisez les éléments entre crochets.
Chers parents,
Cette année, votre enfant participera avec sa classe à un dispositif d’apprentissage de l’orthographe qui s’appelle Natictée. Le principe est simple : notre classe est jumelée avec une classe d’une autre école polynésienne. À chaque campagne, qui s’étale sur une dizaine de jours, les deux classes travaillent la même phrase. Les élèves la dictent, l’analysent, et s’envoient mutuellement des cartes-règles courtes — appelées twoutils — pour s’aider à corriger leurs erreurs.
Natictée est inspiré du dispositif Twictée, expérimenté en métropole depuis 2013 et reconnu en didactique de l’orthographe. La déclinaison polynésienne est portée par le Pôle de l’Action Pédagogique et éducative Numérique (PAPN) de la DGEE, et s’appuie sur l’environnement numérique de travail édifice/One, dont les serveurs sont en France et qui garantit la protection des données personnelles de votre enfant. Aucune donnée ne quitte l’institution scolaire ; aucun nom d’élève n’est diffusé à l’extérieur de la classe.
Au cours de l’année, plusieurs campagnes seront proposées : un rallye de rodage en début d’année, trois campagnes au fil de l’année, puis un rallye de clôture. Votre enfant rapportera à la maison son cahier de Natictée, dans lequel vous pourrez suivre ses progrès. Aucun travail à la maison spécifique n’est demandé : il vous suffit d’encourager votre enfant à vous expliquer ce qu’il a appris.
Je reste disponible pour répondre à vos questions, lors des rencontres individuelles ou par l’intermédiaire du cahier de liaison.
Cordialement,
[Prénom NOM de l’enseignant], [classe], école [nom de l’école].
Visa de la direction : ……………………
Une Natictée est une dictée « qui relie » deux classes polynésiennes. Chaque classe envoie à l’autre des cartes-règles que ses élèves ont produites. C’est une dictée qui ne se termine pas par une note, mais par un échange entre élèves. Elle s’étale sur une dizaine de jours et mobilise plusieurs séances en classe, intégrées à l’horaire habituel de français.
Non. La classe miroir est une autre classe polynésienne, identifiée par l’enseignant, dans une école publique du premier degré. Aucun échange individuel n’a lieu : tous les messages passent par les deux enseignants, sous leur responsabilité. La classe miroir est désignée par un pseudonyme collectif (par exemple « CM1-Tiare »), pas par les noms des élèves qui la composent.
Non. Les échanges entre classes passent exclusivement par l’ENT édifice/One, dont les serveurs sont en France et qui dispose d’une base légale pour le traitement des données scolaires. Avant tout envoi, les productions de votre enfant sont pseudonymisées : aucun nom, aucun prénom de votre enfant n’est diffusé. Le cahier de Natictée, qui reste à l’école ou à la maison, ne sort jamais de l’environnement familial et scolaire.
De la manière la plus simple qui soit : en demandant à votre enfant de vous raconter ce qu’il a fait pendant la campagne, et de vous lire les twoutils qu’il a produits ou reçus. Cette verbalisation à la maison consolide l’apprentissage. Vous pouvez aussi l’encourager à relire ses productions à voix haute, à utiliser le dictionnaire familial si vous en avez un. Aucun exercice n’est à faire : votre intérêt sincère vaut mieux qu’une fiche d’entraînement.
La classe miroir est consubstantielle au dispositif Natictée. Sans elle, le twoutil n’a pas de destinataire authentique et le dispositif se réduit à une dictée enrichie. Avec elle, l’élève écrit pour quelqu’un de réel, dans une autre île, dans un autre contexte scolaire. La qualité du partenariat fait la qualité de l’expérience.
Pour la phase pilote 2026-2027, le PAPN coordonne directement l’appariement des classes. L’inscription se fait en deux temps. D’abord, en début d’année, vous inscrivez votre classe à la saison en remplissant une application Formulaire de l’ENT édifice/One : école, circonscription, niveau de classe, effectif, contraintes de calendrier, langue d’enseignement dominante. Ensuite, vous candidatez campagne par campagne : avant chaque campagne, vous confirmez votre participation, ce qui permet au PAPN de ré-apparier les classes miroirs à chaque fois. Le PAPN constitue les binômes en cherchant à apparier deux classes : de même cycle (CE1-CE1, CE2-CE2, CM1-CM1, CM2-CM2 ; les appariements en classe à double niveau sont étudiés au cas par cas), si possible situées dans deux archipels différents pour favoriser l’ouverture culturelle, et de préférence avec un effectif similaire.
Avant chaque campagne, vous recevez l’identité de votre classe miroir : nom de l’école, nom de l’enseignant, niveau, pseudonyme collectif retenu par cette classe, coordonnées de contact (mail institutionnel et identifiant ENT). L’appariement est refait à chaque campagne ; votre classe miroir peut donc changer d’une campagne à l’autre. C’est aussi le PAPN, en tant qu’administrateur académique, qui crée le groupe inter-établissement reliant les deux écoles : vous n’avez jamais à le créer vous-même. Dès l’annonce, vous prenez contact avec votre partenaire par mail pour vous présenter et accorder ensemble le calendrier de la campagne. C’est la phase de courtoisie entre enseignants, indispensable avant la courtoisie entre classes.
Les échanges entre classes miroirs obéissent à quelques règles simples, à expliciter avec vos élèves dès le première campagne.
Le ton est chaleureux et respectueux. La classe miroir n’est pas adversaire, elle est partenaire. Les messages commencent par une formule de salutation (par exemple « Bonjour la classe CM1-Tiare ») et se terminent par une formule d’encouragement ou de remerciement.
La fréquence des échanges est cadrée par le calendrier de la campagne. Pas de messages spontanés en dehors. Cela évite de transformer l’ENT en messagerie informelle et préserve la concentration pédagogique du dispositif.
Le droit à l’erreur est explicite. Les productions reçues comportent des erreurs : c’est leur fonction. Les twoutils ne sont jamais moqueurs : ils expliquent. Une production de mauvaise qualité reçue de la classe miroir n’est jamais commentée à voix haute en classe sur le mode du jugement ; vous reformulez en parlant des erreurs comme d’occasions d’apprendre, pour la classe miroir comme pour la vôtre.
Le vocabulaire respectueux est de mise. Aucun jugement personnel sur un enseignant ou un élève. Si un twoutil reçu vous semble maladroit dans sa formulation, vous l’utilisez quand même : c’est une production d’élève, pas un cours.
Toute la communication entre classes miroirs passe par l’ENT édifice/One, dans un groupe inter-établissement que le PAPN crée pour votre binôme avant chaque campagne. Vous n’avez pas à le créer vous-même : vous le recevez déjà constitué. Voici les opérations de base à connaître une fois le groupe ouvert.
Le groupe inter-établissement, créé par le PAPN. Sur édifice/One, deux classes de deux écoles différentes ne se voient pas par défaut : seul un administrateur académique peut créer le groupe qui les relie. C’est donc le PAPN qui constitue, pour chaque binôme apparié, un groupe inter-établissement réunissant les deux enseignants, avec un fil de messages (Forum) et un espace de dépôt de fichiers. Selon l’option retenue, le groupe peut aussi inclure les élèves des deux classes en lecture seule. Vous recevez l’accès à ce groupe avant le début de la campagne ; vous n’avez rien à créer.
Envoyer une production à la classe miroir. Vous déposez le fichier (PDF ou photo des cahiers) sur l’espace partagé du groupe et vous publiez un court message dans le fil qui annonce le dépôt. La nomenclature des fichiers est cadrée : defi-NN_dictees-groupe_CM1-Moana.pdf, defi-NN_twoutils_CM1-Moana.pdf, où NN est le numéro de la campagne (01, 02, 03, etc.).
Recevoir une production de la classe miroir. Vous téléchargez le fichier déposé par votre partenaire depuis l’espace du groupe. Vous l’imprimez ou le projetez en classe selon votre dispositif. Vous accusez réception par un court message dans le fil : « Bien reçu, merci ! Nous traitons vos dictées dans les jours qui viennent. »
Archiver les productions. En fin de campagne, copiez les fichiers reçus et envoyés dans un dossier local à votre école (ou sur votre espace personnel édifice/One) pour constituer la mémoire de la campagne. Les productions affichées au mur peuvent être conservées pour la classe miroir suivante de l’année.
Convenez avec votre partenaire d’un créneau hebdomadaire fixe pour vos échanges (par exemple chaque vendredi après-midi). Vous vous accordez ainsi sur le rythme de la campagne, vous évitez les surprises, vous mutualisez la charge de coordination.
Natictée est conçu pour rester viable sans connexion permanente et sans mission de terrain. C’est une exigence de conception, pas un pis-aller : dans de nombreuses écoles des Tuamotu, des Marquises ou des Australes, la liaison est intermittente et aucun formateur ne peut se déplacer. La prise en main du dispositif se fait donc à distance et de façon asynchrone, à votre rythme, à partir de ce guide et des capsules de la formation hybride.
Le cœur de la séquence se déroule hors-ligne, sur papier : la dictée individuelle, la dictée négociée, la correction collective au tableau et la production des twoutils ne demandent aucune connexion. Seuls les échanges avec la classe miroir transitent par l’ENT, et ils sont par nature asynchrones : vous déposez quand une fenêtre de connexion s’ouvre, votre partenaire récupère quand la sienne s’ouvre. Personne n’a besoin d’être en ligne en même temps.
Plan B en cas de coupure. Si la connexion tombe au moment prévu pour un dépôt, vous ne bloquez pas la classe : vous poursuivez les étapes hors-ligne et vous déposez vos fichiers dès qu’une fenêtre de connexion réapparaît, même tardivement. Vous prévenez votre partenaire et le PAPN du décalage. Le calendrier de la campagne tolère ces glissements ; mieux vaut une campagne menée à son terme avec quelques jours de retard sur les dépôts qu’une campagne interrompue faute de réseau.
C’est un risque réel, identifié dans toutes les expériences de correspondance scolaire. Une classe miroir peut devenir silencieuse pour de nombreuses raisons : enseignant absent, contraintes locales, panne d’ENT prolongée, surcharge ponctuelle. Le protocole de relance, à appliquer rigoureusement, est le suivant.
À J+1 sans réponse au-delà de la date convenue : envoi d’un message courtois de relance à l’enseignant partenaire, par mail institutionnel doublé d’un message dans le fil ENT.
À J+3 sans réponse : nouvel envoi de relance, en demandant explicitement un signe de vie même bref (« Tout va bien ? Avez-vous besoin de décaler ? »).
À J+5 sans réponse : alerte au PAPN par mail (natictee@education.pf) en précisant le binôme concerné et la chronologie. L’ERUN de circonscription prend le relais pour joindre l’enseignant et évaluer la situation.
Au-delà : si le silence persiste, le PAPN active une classe-tampon tenue par l’ERUN de circonscription, qui prend le relais de la classe miroir défaillante pour terminer la campagne en cours. Votre classe n’est jamais laissée sans interlocuteur. Pour la campagne suivante, un nouveau partenariat est constitué.
Le réflexe naturel est d’attendre par politesse : « peut-être que le collègue est débordé, je ne veux pas insister ». Cette retenue dessert tout le monde. Mieux vaut une relance précoce et bienveillante qu’une campagne qui s’éteint sans bruit. Le PAPN préfère être alerté tôt : la classe-tampon mobilisée dans les temps évite la frustration des élèves.
La conformité RGPD n’est pas un supplément administratif : elle est consubstantielle au dispositif Natictée. Sans elle, le projet ne pourrait pas être déployé à l’échelle de l’institution scolaire polynésienne. Ce chapitre décrit les gestes concrets à pratiquer dans la classe pour respecter l’esprit et la lettre du règlement.
Pseudonymiser les productions partagées. Avant tout dépôt sur l’espace partagé avec la classe miroir, vous remplacez chaque nom et chaque prénom d’élève par un identifiant générique. La méthode la plus simple est l’identifiant collectif : Groupe 1 — CE2-Moana, Groupe 2 — CE2-Moana, etc. Pour les twoutils individuels, vous pouvez utiliser un identifiant numérique (Élève 17 — CM1-Tiare). Le pseudonyme collectif de votre classe (CE2-Moana) est défini en début d’année et ne change pas ; les pseudonymes individuels peuvent changer d’une campagne à l’autre, du moment que la traçabilité interne reste possible chez vous.
Stocker les productions à l’intérieur de l’ENT. Aucun dépôt sur un service tiers, même temporaire. Pas de Google Drive, pas de Dropbox, pas de Padlet, pas d’envoi par WhatsApp ou par mail personnel. L’ENT édifice/One assure le stockage à durée maîtrisée. Si vous avez besoin de stocker des fichiers volumineux qui dépassent les quotas de l’ENT, utilisez FileSender Apps Éducation (accessible avec votre compte académique), qui est lui aussi conforme RGPD.
Informer les familles dès le début d’année. Le mot dans le cahier de liaison (voir section 7) joue le rôle d’information préalable au sens du RGPD. Il précise la finalité du traitement, le canal utilisé, le caractère pseudonymisé des échanges, et la possibilité pour la famille d’exercer ses droits. Conservez une trace de cette information dans le registre de l’école.
Limiter la durée de conservation. Les productions partagées avec la classe miroir n’ont d’utilité pédagogique que pour la campagne en cours et pour l’élève qui les a produites. À la fin de l’année scolaire, supprimez les productions des espaces partagés de l’ENT. Les productions individuelles peuvent être conservées plus longtemps dans le cahier de Natictée de l’élève, qui reste à sa disposition.
Ne jamais transmettre une production d’élève sous son nom propre à une autre classe. Ne jamais déposer une photo d’élève sur un espace partagé. Ne jamais utiliser un service tiers pour faire transiter des productions (même « juste pour cette fois »). Ne jamais associer dans un même document le pseudonyme et le nom réel d’un élève : la table de correspondance, si elle existe, reste dans votre cahier personnel, à l’abri.
Si vous hésitez à partager un document, c’est qu’il y a un doute. Dans le doute, ne partagez pas, ou pseudonymisez davantage. Vous pouvez aussi solliciter votre ERUN de circonscription ou le PAPN, qui vous accompagnera. Une production retardée d’une journée le temps de vérifier vaut mieux qu’une diffusion regrettée.
Les familles disposent, au titre du RGPD, de plusieurs droits sur les données de leur enfant : droit d’information, droit d’accès aux données traitées, droit de rectification en cas d’erreur, droit d’opposition au traitement, droit d’effacement. Ces droits s’exercent en première instance auprès de vous, en tant qu’enseignant, et auprès de la direction de l’école. En cas de difficulté, ils peuvent saisir le délégué à la protection des données (DPO) de la DGEE.
Le cas d’une famille qui refuse explicitement la participation de son enfant aux échanges avec la classe miroir doit être anticipé. La règle est simple : la classe n’est jamais privée de Natictée pour autant, et l’élève concerné n’est jamais exclu du dispositif. Concrètement, l’élève participe normalement à toutes les phases internes à la classe (dictée individuelle, dictée négociée, correction collective, production des twoutils, transfert). Ses productions ne sont simplement pas intégrées aux dépôts adressés à la classe miroir. Pour la production des twoutils, l’élève reçoit une erreur tirée du fonds interne de la classe (par exemple une erreur de sa propre dictée ou de la dictée d’un camarade volontaire) plutôt qu’une erreur reçue de la classe miroir. La verbalisation du choix de la famille à l’élève est faite par les parents ; vous n’avez pas à le justifier en classe.
Pseudonyme collectif fixé en début d’année. Pseudonymisation systématique avant tout dépôt partagé. Stockage exclusif sur l’ENT édifice/One. Information préalable aux familles dans le cahier de liaison. Conservation limitée à l’année scolaire. En cas de refus famille, l’élève reste dans le dispositif en mode interne. En cas de doute, on s’arrête et on demande.
Cette FAQ rassemble les questions les plus fréquentes anticipées. Elle est appelée à s’enrichir au fil des campagnes pilotes : n’hésitez pas à signaler au PAPN les questions qui vous restent sans réponse, elles seront intégrées à la prochaine version du guide.
Une séance prend entre 20 et 30 minutes, soit l’équivalent d’une séance de français habituelle. Le dispositif comporte cinq à six séances en classe par campagne, étalées sur deux à trois semaines calendaires. Sur l’ensemble de l’année pilote, en comptant le rallye de rodage, les trois campagnes et le rallye de clôture, Natictée représente environ 25 à 30 heures de classe — soit une part raisonnable du volume horaire annuel de français.
Deux options. Première option : vous inscrivez la classe sur l’un des deux niveaux (typiquement le plus avancé) et vous différenciez en classe pour les élèves de l’autre niveau (phrase plus courte, balise allégée, twoutil en binôme). Deuxième option : vous menez Natictée à un seul des deux niveaux par campagne, en alternance. La première option est plus fréquente, la seconde plus simple à organiser. Le PAPN tient compte de la double niveau lors de l’appariement.
Cela arrive régulièrement et ne déstabilise pas le dispositif. Si l’absence concerne la dictée individuelle (J0), l’élève la rattrape en retour en classe, dans des conditions équivalentes. S’il manque la dictée négociée (J+1), il rejoint un groupe à son retour avec un statut d’observateur, puis participe normalement aux séances suivantes. S’il manque la production des twoutils (J+5), il en produit un en autonomie plus tard avec votre accompagnement. Le seul moment vraiment difficile à rattraper est la correction collective (J+4) ; dans ce cas, racontez-lui brièvement ce qui s’est passé et donnez-lui une copie de la trace écrite.
Natictée est un dispositif exigeant pour un élève allophone, mais il peut y trouver sa place. En dictée individuelle, vous pouvez lui dicter une phrase raccourcie ou simplifiée. En dictée négociée, il intègre un groupe bienveillant où il observe et participe selon ses moyens. En production de twoutils, vous lui confiez une erreur sur un code très accessible (#Ponctuation ou #Majuscule) ou vous lui proposez un twoutil dicté à l’adulte. L’essentiel est qu’il ne soit pas exclu : la dimension coopérative du dispositif joue en sa faveur.
Les adaptations habituelles s’appliquent. Pour un élève DYS, vous pouvez agrandir la police des supports écrits, autoriser un cahier à lignes plus marquées, accepter une dictée tapée si l’écriture manuscrite est trop coûteuse, ou proposer une dictée à trous sur les éléments les plus difficiles. Pour un élève TDAH, vous pouvez fractionner les temps, autoriser une posture debout, prévoir une feuille de route visuelle. Le dispositif tolère bien la différenciation pédagogique : c’est une de ses forces.
Référez-vous au mot type du cahier de liaison (section 7) et aux quatre questions-réponses prévues. Trois éléments rassurent généralement : l’absence de tout réseau social, l’hébergement français des données via l’ENT édifice/One, la pseudonymisation systématique. Si l’inquiétude persiste, proposez un rendez-vous individuel, montrez-leur le cahier de Natictée, et expliquez concrètement comment se déroule une campagne. La transparence est votre meilleur allié.
Le dispositif tolère bien une panne courte. En cas d’indisponibilité supérieure à 48 heures, vous pouvez convenir avec votre partenaire d’un échange par mail institutionnel (compte académique en @administration.gov.pf) à titre de dépannage, en respectant les mêmes règles de pseudonymisation. Vous prévenez le PAPN qui peut décaler le calendrier de la campagne si nécessaire. Dans tous les cas, vous évitez les solutions tierces (Drive, WhatsApp).
Signalez-le au PAPN dès la phase de courtoisie entre enseignants. Un appariement peut être réajusté en début d’année si une difficulté objective est constatée. En cours d’année, un appariement défaillant est plus délicat à réorganiser, mais une classe-tampon peut prendre le relais le temps de reconstituer un partenariat stable.
D’abord, ne le vivez pas comme un échec personnel : les premières campagnes d’une année sont souvent inégales, le temps que la classe intériorise le schéma. Faites un bilan à froid avec les élèves : qu’est-ce qui a manqué ? Le tri amont, le temps en classe, l’engagement ? Ajustez la campagne suivante en conséquence. La progression d’une classe sur l’année est plus importante que la performance sur une campagne isolée.
Pas de notation chiffrée sur les campagnes eux-mêmes : l’évaluation est formative et positive. Pour le livret scolaire, vous valorisez les compétences travaillées (orthographe, coopération, métacognition) à partir du tableau de progrès individuel renseigné en transfert (J+10). Cette évaluation s’intègre naturellement dans Édulivret. Si vous souhaitez une évaluation sommative, prévoyez une dictée bilan en fin de période, distincte des dictées de campagne.
Natictée couvre intégralement les attendus en orthographe des programmes du cycle 2 et du cycle 3. Le balisage par les codes Dicobalise officiels est aligné sur les progressions institutionnelles et balaie l’ensemble des phénomènes orthographiques au programme : accords du groupe nominal, accord sujet-verbe, formes verbales, classes grammaticales d’homophones, orthographe lexicale, ponctuation et majuscules. Le dispositif ne remplace pas vos leçons de grammaire et d’orthographe : il les met en activité dans une situation d’écriture authentique.
Natictée travaille plusieurs compétences du Cadre de Référence des Compétences Numériques (CRCN), notamment : communiquer (interagir, partager et publier), créer du contenu (développer des documents textuels), protéger (sécuriser l’environnement numérique). Pour les élèves de fin de cycle 3, ces compétences sont reportables dans PIX+ Édu. Le PAPN publiera à la rentrée 2026 un référentiel de correspondance précis entre les étapes de la campagne et les compétences CRCN.
Pas en version 1 du dispositif. La banque de phrases est aujourd’hui en français standard, avec des éléments lexicaux culturels polynésiens (va’a, tiare, marae, rahui, etc.). Une option bilingue, voire des campagnes en reo tahiti, est envisagée pour une version 2 du dispositif, en lien avec la DAEF et des référents linguistiques compétents. Si vous menez une classe bilingue et souhaitez expérimenter, contactez le PAPN.
Pour l’année pilote, la saison se compose d’un rallye de rodage en septembre, puis de trois campagnes (novembre, janvier-février, avril-mai), et se referme sur un rallye de clôture en juin. Le rallye de rodage sert à prendre en main le dispositif sans enjeu ; les trois campagnes constituent le cœur de l’année ; le rallye de clôture met en valeur les progrès accomplis. Vous candidatez à chaque campagne : l’appariement des classes miroirs est refait à chaque fois. Mieux vaut peu de campagnes bien menées que beaucoup de campagnes bâclées.
Première ressource : votre ERUN de circonscription, qui est votre relais de proximité. Deuxième ressource : l’espace enseignants Natictée sur l’ENT édifice/One, où les enseignants pilotes échangent en pair-à-pair. Troisième ressource : le PAPN (natictee@education.pf), qui répond aux questions de fond et aux situations qui dépassent l’échelle locale. Une formation initiale courte (environ 3 heures) est proposée à tout enseignant qui rejoint le dispositif : elle est hybride, à dominante distancielle, et largement asynchrone (capsules à suivre à son rythme, un temps d’échange en visio facultatif). Aucun déplacement n’est nécessaire : le dispositif est conçu pour se prendre en main à distance, y compris depuis les archipels éloignés.